Le regain de l’investissement locatif, nouveau soutien à l’immobilier

Les prix vont continuer de flamber à Paris en 2020 et progresser de 2 à 3% en France.
 
Pas d’atterrissage en vue pour l’immobilier. En 2020, les prix vont continuer de grimper en France, même si, de l’avis des experts, leur hausse devrait tourner autour de 2 à 3%, contre 3 à 4% ces dernières années. Quant à l’envolée enregistrée à Paris, elle devrait se poursuivre avec une augmentation comprise entre 5 et 6 % cette année. «Il n’y a aucune raison que les prix baissent ou ralentissent dans la capitale, affirme Laurent Vimont, le président de Century 21 (deuxième réseau en France avec 902 agences). Paris est un marché de pénurie de logements avec peu de constructions nouvelles. Les plus-values exceptionnelles que l’on peut réaliser à la revente entretiennent ce cycle haussier.»
 
Cette hausse des prix devrait intervenir alors même que le nombre de transactions devrait quelque peu diminuer, après le pic de 2019, selon les experts de Century 21. «Il faudrait un miracle pour que nous dépassions de nouveau le million de transactions en 2020, estime Laurent Vimont. Au premier semestre, nous nous attendons à une contraction des montants de crédits, après que les banques ont été appelées à plus de vigilance sur l’octroi de prêts.»
 
Un quart des investisseurs sont employés ou ouvriers
Néanmoins, les taux d’intérêt devraient rester assez bas, ce qui sera un puissant soutien au marché. «L’investissement immobilier est un placement rassurant, adapté aux attentes des primo-accédants, précise Christine Fumagalli, présidente du réseau Orpi (premier réseau en France avec 1 250 agences). Les taux bas encouragent les jeunes à investir plus tôt pour se constituer un patrimoine.» S’y ajoute un nouveau facteur: l’appétit renouvelé des Français pour l’investissement locatif. De plus en plus de particuliers y songent: en 2019, plus d’un achat sur quatre (27,2%) a concerné l’acquisition d’un logement qui sera ensuite mis en location, selon les données de Century 21. C’était seulement 21,7% en 2018. Une tendance confirmée par le réseau Orpi.
 
À Paris, où l’encadrement des loyers a pourtant fait son retour le 1er juillet dernier, la part de l’investissement locatif dans les acquisitions immobilières a atteint 31 % en 2019 selon Century 21, contre 28,5 % en 2018. «L’encadrement des loyers n’a aucun impact», affirme Laurent Vimont qui reconnaît que certains propriétaires bailleurs n’hésitent pas à «contourner le dispositif en sortant la cave du contrat de bail» pour minorer facticement le loyer.
 
"Même dans les villes où les prix montent en flèche, les rendements locatifs demeurent attractifs."
Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier
 
Inquiets pour leur retraite, les Français souhaitent se constituer un complément de revenus. Et, fait étonnant, ce ne sont pas forcément les plus aisés qui sont les plus nombreux à opter pour l’investissement locatif. Près d’un quart (24,2%) des investisseurs sont des employés ou des ouvriers, selon Century 21. En France, ces derniers déboursent en moyenne un peu plus de 98.000 euros (contre 134.202 euros toutes catégories socioprofessionnelles confondues) pour acquérir un bien qu’ils destinent à la location.
 
À l’inverse, les cadres supérieurs/professions libérales et les cadres moyens sont moins nombreux (13,8% et 18,1%) mais dépensent des montants bien supérieurs, respectivement plus de 188.000 et de 137.000 euros. «Même dans les villes où les prix montent en flèche, les rendements locatifs demeurent attractifs. Et ce, d’autant plus que les taux des placements préférés des Français (Livret A, fonds en euros des contrats d’assurance-vie) sont faibles», souligne Jean-Marc Torrollion, président de la Fédération nationale de l’immobilier.
 
Sans le savoir, les Français se constituent ainsi une sorte de retraite par capitalisation.«Le logement n’est pas une rente comme le pense Emmanuel Macron mais un actif protecteur qui permet de préparer l’avenir», estime Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers.
 
source : "le figaro éco"